Le Temps: Des hélicoptères français passent en mains suisses

par Edouard Bolleter – Le Temps (l’article en .pdf)

TRANSPORT La compagnie aérienne genevoise HBG confirme s’être associée avec le fonds SEC Partners pour la reprise de la société Hélicoptères de France.

Un accord signé la semaine dernière à Genève va faire date dans le domaine des services des compagnies d’hélicoptères en Europe.

Le fonds romand de private equity SEC Partners s’associe en effet à la famille Blanc, propriétaire du groupe HBG, basé à Genève, et de compagnies en Suisse, pour financer

l’acquisition de la société française Hélicoptères de France (HDF) et sa croissance future.

Renaud Blanc, président de HBG, a confirmé l’opération, qui donne une envergure européenne à son groupe: «L’ensemble ainsi consolidé, qui détient plus de 70 hélicoptères répartis sur 22 bases, devient le premier opérateur français, le troisième suisse et entre dans le top 5 au niveau européen.» De son côté, les associés de SEC Partners apportent leur concours à HBG en arrangeant et en souscrivant un financement pour l’acquisition du groupe HDF.

Davantage des partenaires que de simples investisseurs

«Culturellement, nous sommes davantage des partenaires que de simples investisseurs financiers. SEC Partners va accompagner HBG dans son ambitieux projet de croissance, en soutenant notamment le management et en l’aidant à consolider sa position de leader en Suisse, en France et en Europe, aussi bien par croissance organique que par croissance externe», commentent les associés Cédric Anthonioz et Jean-Guillaume Benoit. Grâce à cette cinquième opération, le fonds genevois consolide sa position prééminente dans le secteur du private equity en Suisse. Il ne donne pas le montant ni la hauteur de sa participation.

Mais comment deux sociétés genevoises se retrouvent-elles à survoler le marché européen et français des hélicoptères, alors que la tendance est plutôt aux reprises de sociétés suisses par des groupes étrangers? Renaud Blanc s’amuse de cette allusion:

«Notre famille est passionnée par les hélicoptères, nous avons tous le brevet d’instructeurs! Plus sérieusement, notre groupe est actif depuis 2011 dans ce domaine en Suisse et notre développement n’est de loin pas terminé. Nous avons depuis des années le soutien de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC), qui est un partenaire

essentiel pour nos opérations, y compris à l’étranger.

Notre crédibilité «Swiss made» nous aide dans nos ambitions de croissance à travers le monde.»

La société genevoise HBG regroupe les sociétés suisses Swift Copters et Eagle Valais ainsi que les sociétés françaises MBH (Mont-Blanc Hélicoptères) et désormais HDF. Le groupe emploie plus de 250 personnes.

Mais l’étude des activités de HDF en France montre qu’au-delà du marché financier, cet accord «transfrontalier» renforce la famille Blanc et son groupe dans les activités héliportées en France. Les mandataires sont dans les secours en montagne, les travaux aériens, le transport de personnes, la lutte contre les incendies ou l’assistance aux plateformes pétrolières.

Mais les clients les plus emblématiques sont les institutions suisses (HUG, police, gardes-frontières), le SAMU et l’armée française, aussi bien en France qu’en Amérique du Sud (Guyane), sans oublier une présence historique dans la retransmission télévisuelle.

«Nous sommes fiers d’avoir été longtemps présents sur le Paris-Dakar et d’être les prestataires historiques du Tour de France. Nous nous occuperons d’ailleurs cet été du survol des étapes du Tour en Suisse», explique Renaud Blanc.

 

Marché suisse fragmenté

En Suisse romande, plusieurs compagnies d’hélicoptères se partagent un marché fragmenté, qui va se consolider. HBG pourrait-il profiter des opportunités à venir?

Renaud Blanc a réitéré ses ambitions de croissance, notamment par un développement des acquisitions, sans vouloir donner de noms précis. Seule certitude, le marché européen est scruté de près par ses conseillers. L’Afrique pourrait aussi devenir une piste de développement, le groupe de la famille Blanc étant déjà présent en République démocratique du Congo, en opérant sur les plateformes pétrolières.